ficelle polypropylène, bois, roulettes
résidence d'artiste, Dompierre-sur-Besbre avec le soutien de la DRAC Auvergne, 2010 en savoir plus
commentaires Il s'agit d'une vache, grandeur nature. Sa peau charolaise est tricotée en morceaux selon le plan de découpe des morceaux de viandes des bouchers. Elle est ouverte, comme coupée en deux. On voit les tasseaux et les vis qui construisent sa structure. On voit ses entrailles, bleues.
Les deux faces montrent une vision pétrie de contradictions dans notre rapport à cet animal sympathique à contempler. D'un côté une vache charolaise, de l'autre des entrailles de plastique.
Elle est fabriquée à partir de ficelle synthétique que j'ai récupéré chez les éleveurs. La ficelle entoure les bottes de foin servant à nourrir ses bêtes à viandes. Dans ce matériau, je vois les prés pâturés par les vaches, le foin récolté, stocké pour l'hiver, les hangars agricoles, le paysage ouvert d’une vallée, la permanence de la terre d’élevage.
J'ai souhaité fabriquer un propos poétique à partir de cette matière ingrate et imputrescible, que personne n'aime. C'est le travail de la main, laborieux, qui lui donne sa valeur aujourd'hui.
Conceptuellement, la vache constitue l'enveloppe d'un « cheval de Troie ». A Dompierre-sur-Besbre, c'était un objet contemporain imprégnié de ruralité qui est entré dans la ville.