Véronique Roger

Paysage et installations

résidence d'artiste sur le territoire du Pays Mélusin, dans les murs du lycée agricole Xavier Bernard de Rouillé-Venours (Vienne)

du 7 mars au 15 avril 2011

  • Photo grand format d'une roue en chaises paillées assemblée
  • Photo grand format d' une roue en chaises paillées sur un stade
  • Photo d'une roue en chaises paillées assemblée
  • Photo grand format d'une empreinte dans le sable
  • Photo grand format d'un dessin assise de chaises paillées
  • Photo grand format d'atelier fabrication d'une roue en chaises paillées
  • commentaires Je souhaitais fabriquer une sculpture, outil pour dessiner un motif du paysage du territoire. Le paillage des chaises s'est trouvé être l'objet idéal pour raconter le paysage de grandes cultures rectangulaires, résumant quelque part, un savoir-faire de la campagne.

    Avant mon intervention sur les 18 chaises que j'ai sciées et percées, dans une sorte de destruction programmée, selon l'avis général, j'avais “là de belles chaises”.
    Dans ma collecte, j'ai constaté une affection particulière pour ce mobilier rustique identifié par tous comme l’accessoire incontournable des salles à manger et évocateur de souvenirs d'une famille réunie. D'ailleurs, peu importe leur état, si l'assise est très abimée, il y a toujours de l'espoir, on peut refaire le paillage chez un artisan qui sait faire. Si un pied est bancale, on peut recoller.

    Aujourd'hui le public se retrouve face un objet absurde où tout retour à l'état d'origine semble impossible. La série de chaises constitue une machine à dessin, manuelle, prototype pour imprimer des surfaces du même motif.
    C’est un gabarit qui ressemble à une machine agricole que l'on attèle derrière le tracteur, redimensionnant le sol après son passage.

    Cet outil a été utilisé pour faire des empreintes répétitives sur le sable du stade sportif du lycée agricole Xavier Bernard de Rouillé-Venours en avril 2011.
    Le mouvement rotatif créé des points d'usure et comme toute machine, en forçant “ça casse”. Il faut s'arrêter. Réparer.
    Après cette utilisation éphémère, elle gît comme une vieille machine évoquant une technique agricole, une époque, une idéologie.
    Cette résidence est développée en partenariat avec la communauté de communes du pays mélusin dont le programme culturel 2011 redécouvre le territoire autour des photographies de Robert Doisneau, qui gagnent à être reconnus par les habitants et le public de passage et du travail d'artistes contemporains.

    Dans le cadre de l'éducation socio-culturelle, les élèves du lycée agricole de Venours développeront un travail artistique sur les paysages (par exemple installation le long du parcours de Pôneuf à Saint-Sauvant, suivit par le cortège du mariage photographié par Robert Doisneau).

    Une campagne bucolique? Non, une campagne d'aujourd'hui.
    Je recherche ce paysage que l'on pourrait définir comme la France rurale, un territoire qui s'identifie à la campagne verte. Le paysage de Saint-Sauvant entre les cultures d'open-field et le bocage reconstitué va être le support pour de nouveaux clichés d'une ruralité contemporaine.

    Mon travail pendant cette résidence a développé un projet des chaumes à la chaise.
    Le paillage, savoir-faire de la campagne, est liée au paysage de cultures céréalières.
    Robert Doisneau avait justement photographié, à Saint-Sauvant, deux chaises en paille dans le cliché “Le ruban de la mariée” (tradition poitevine).
    Objet rustique identifié par tous, la chaise en paille traverse le temps et les générations. Accessoire indispensable d'une salle à manger pour les traditionnels repas de famille, on est définitivement assis dessus pour un moment souvent immortalisé en photographie.